Alpine
La Saga Alpine

Extrait de http://www.alpine-renault.net/historique.htm

, c’est l’histoire d’une fantastique aventure humaine sans équivalent. Il aura fallu tout le talent de Jean Rédélé pour avoir su s’entourer des personnes qui conduiront Alpine aux nombreux lauriers. On dénombre rien que pour la Berlinette 2 titres de champion du monde des rallyes, 2 titres de champion d’Europe des rallyes et bien sûr une multitude de titres pilotes dont 4 titres de champion de France, 1 titre de champion du monde et bien d’autres.

Genèse

Tout commence à Dieppe en 1922, le petit Jean arrive au monde, d’Emile, son père, et de Madeleine, sa mère. Après de brillantes études et un diplôme d’HEC en poche, la seconde guerre mondiale passée, Jean se lance dans la difficile reconstruction de la concession paternelle. Les lendemains de guerre ne sont pas faciles pour tout le monde mais Jean persiste et se lance dans la reconversion des GMC et autres Dodge laissées par les Américains. Très vite, Jean Rédélé arrive à un véhicule par jour. La deuxième étape du développement de sa concession sera la vente des 4CV à Dieppe, une activité très lucrative compte tenu du succès de la “Puce” de Renault. C’est justement au volant de cette 4CV que Jean Rédélé va découvrir un réel potentiel pour cette voiture.

Première course, première victoire

Il décide alors de s’engager dans divers rallyes mais sa première course, il la dispute contre la Peugeot 203 dont un concessionnaire prétendait qu’elle était plus rapide que la 4CV Renault. Au terme d’un parcours allant de Dieppe à Rouen, ce sont la 4CV et Jean Rédélé qui gagnent la course. Ensuite, Jean, s’inscrit au Rallye de Dieppe qu’il remporte. Fort de cette victoire, Jean décide de s’engager dans d’autres courses telles que le Rallye de Monte Carlo, mais un oubli des préparateurs de sa 4CV lui coûtera la victoire. Qu’à cela ne tienne, Jean s’engage dans bien d’autres rallyes comme le Tour de France, la Coupe des Alpes… C’est dans ces Alpes que Jean éprouve un grand plaisir à piloter, lui vient alors l’idée d’appeler “Alpine” la voiture de sport qu’il projette de construire.

Le rêve devient réalité

En jullet 1955, Jean Rédélé présente ses trois caoches A106 à Pierre Drefus alors PD-G de la Régie Renault, malgré le peu d’aide que ce dernier daigne lui apporter, Jean Rédélé est heureux, une première étape est franchie. En septembre de la même année, Jean présente ses voitures au public -et aux journalistes- au salon de Paris, elles s’appellent Alpine. Une nouvelle marque est née, un rêve vient de se réaliser.

La moisson débute

En grand chef d’entreprise, Jean Rédélé sait que pour vendre ses voitures, il leur faut une publicité, et quelle meilleure publicité pour des voitures de sport que les courses automobiles ! Pour se faire connaître du grand public, les Alpine doivent courir et si possible gagner. C’est ainsi qu’après avoir couru sur ses 4 CV et autres “Spéciales”, Jean Rédélé lance les coaches A106 en compétition. Alpine glane alors ses premières victoires notamment aux “Mille Miglia” ou “Mille Miles” ou à la Coupe des Alpes. Alpine sort alors de l’anonymat, de plus en plus de pilotes lui font confiance.

Naissance d’un mythe

En 1960, Alpine présente la A108 en version berlinette. C’est sous cet aspect que l’on connait le mieux Alpine, à un tel point que les A110 sont simplement appelées “Berlinette”. Cette voiture va subir de nombreuses modifications et améliorations. En 1962, la berlinette A108 reçoit le moteur à 5 paliers de la R8 et devient A110. Cette petite bombe va littéralement propulser Alpine sur les plus hautes marches des podiums des différents rallyes. Il n’y a presque aucune épreuve où l’on ne voit pas Alpine, aussi bien aux mains de talentueux pilotes officiels que de non moins talentueux amateurs qui prennent un plaisir immense à mener cette petite bombe sur les routes sinueuses.

Changement d’adresse

Grâce aux nombreux succès sportifs de la marque, la demande de véhicules est sans cesse croissante, les petits ateliers de la rue Pasteur sont donc vite trop petits pour suivre la cadence. On lance alors en 1968 le projet d’une nouvelle grande usine plus spacieuse. En 1970, cette usine est ouverte dans la zone industrielle de Dieppe sur l’Avenue de Bréauté. Elle regroupe dans des locaux bien plus spacieux la production des modèles de série mais aussi, le service compétition alors en plein développement. Cette nouvelle usine va donner les moyens à Alpine de se battre à un niveau international dans le championnat du monde des rallyes.

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Jean Rédélé : l’homme de qui tout est parti.
Crédit photo :
 © J-J Mancel


Jean Rédélé et sa 4CV au Monte Carlo.
Crédit photo :
 © Alpine Label Bleu, EPA Editions


La première Jean Rédélé Spéciale, cette voiture ne porte pas encore le nom d’Alpine.
Crédit photo :
 © Alpine Label Bleu, EPA Editions


L’Alpine A106 en version coach, ou la première Alpine. La base est une 4CV.


Une Alpine A210 au Mans 1968. Si cette voiture n’a jamais remporté de victoire mancelle au scratch, elle n’en fut pas moins très compétitive à l’indice de performance ou énergétique qu’elle remporta plusieurs fois.
Crédit photo :
 © Alpine Label Bleu, EPA Editions


Une A220 à moteur V8 Gordini, ce moteur qui portait tous les espoirs d’Alpine ne fit jamais ses preuves.
Crédit photo :
 © Alpine Label Bleu, EPA Editions


La Berlinette A110 (ici la 1600S), la vraie Alpine.


La Renault Alpine V6 (GT et turbo), plus communément appelée Alpine GTA n’a jamais réussi à concurrencer Porsche. Une finition moyenne et des moteurs trop timides furent ses principales lacunes.


L’A610, c’est l’aboutissement d’un chantier entamé par Jean Rédélé en 1972 avec l’A310. Concurrencer Porsche devint, avec ce modèle possible. Qualité de fabrication, de finition, moteur puissant et tenue de route exemplaire étaient là, en prime, des prestations bien supérieures à une 911. Le manque d’image fut son seul et unique point faible.

 

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L’apogée d’Alpine

La première moitié des années 70 marquera l’apogée d’Alpine, la Berlinette domine le sport automobile mondial. L’année 1970 débute avec une moisson de victoires notamment dans le San Remo, au rallye de l’Acropole… Alpine rate pour 4 petits points le titre de champion international des rallyes. Ce n’est que partie remise car en 1971, Alpine est sacré champion du monde des rallyes avec le splendide triplé au rallye de Monte-Carlo. L’année 1972 marque une “pause”, en effet la 1800 n’est pas encore homologuée, mais cela n’empêche pas Alpine de gagner de nombreux rallyes du championnat d’Europe. En 1973, Alpine réédite sa performance de 1971 en remportant de nouveau le championnat du monde des rallyes. C’est la consécration pour la petite marque dieppoise désormais reconnue mondialement.

Le début de la fin

En 1973, Renault devient majoritaire dans la société Alpine dont Jean Rédélé reste cependant le PDG. L’année 1974 reste une bonne année sur le plan sportif, Alpine gagne encore de nombreux rallyes, cependant le choc pétrolier de 1973 suivit de l’apparition des limitations de vitesse donnent un coup de frein au voitures de sport et Alpine n’échappe pas à la règle. L’A310 lancée deux ans plus tôt n’obtient pas les résultats espérés tant au niveau sportif qu’au niveau commercial. Il faut attendre 1976 pour voir les ventes remonter avec l’arrivée du V6. Mais les années 80 et la politique de Renault vis à vis d’Alpine lui seront fatales, presque toute compétition est stoppée, et il faut attendre 1985 pour voir apparaître un nouveau modèle. Mais là encore, comme avec l’A310, la GTA est accueillie -à tort ou à raison- d’un mauvais œil, il est vrai que son intérieur pouvait choquer mais elle marquait un réel progrès dans la qualité du produit. On essaie de lancer des séries spéciales sans grand succès. En 1990, Renault s’apercevant de ses innombrables erreurs tente de redonner à Alpine une certaine identité en ôtant de la carrosserie toute mention de la marque au losange. Mais ce renouveau n’est qu’apparent, il n’y a aucun progrès dans le produit mais plutôt une régression, et le pot catalytique n’arrangera pas les choses.

Le chant du cygne

En 1991, alors que tout le monde pense qu’Alpine est mort, on présente à Genève la toute nouvelle Alpine A610. Cela redonne de un peu d’espoir d’autant plus que cette voiture est fantastique tant sur le plan des performances et de la tenue de route que de la finition ou du confort. Malheureusement, le mal est fait et seul un virage à 180° pourrait inverser les choses. Après avoir produit l’A610 à 762 exemplaires, Alpine disparaît du marché laissant des milliers de passionnés orphelins. On entendit bien parler d’un nouveau modèle dans l’esprit de la Berlinette mais cela restera à l’état de projet, Renault ne croyant plus du tout à Alpine. Triste fin pour une marque qui offrit tout de même à Renault deux titres de champion du monde des rallyes, une victoire au Mans et la première Formule 1 A 500 avec toute l’expérience du turbo acquise pendant près de dix ans.

Renault : avantages et inconvénients

Si Renault a permis de sauver la société des automobiles Alpine Renault, il n’a pas sauvé la marque Alpine. L’usine existe encore, mais elle ne produit plus que des Mégane cabriolet et autres Clio 16V, cette activité a, il est vrai permis à plusieurs centaines de personnes de conserver leur emploi mais c’est la moindre des chose pour Alpine ! La politique de Renault vis à vis d’Alpine depuis la fin des années 70 reste floue, on prétend produire des voitures de sport mais on ne les fait pas courir, pire, ce sont directement les Renault qui sont censées recueillir les fruit des victoires des Formule 1 Renault. Ce n’est pas en affublant les Alpine de losanges puis en les retirant au profit du “A” fléché que l’on créera une image stable pour une marque de voitures de sport. De plus en plus, les grandes marques automobiles essaient de se diversifier au travers d’autres marques, les Ferrari ne s’appellent pas Fiat, les Lamborghini ne s’appellent pas VolksWagen, Ford relance Jaguar en Formule 1. La distinction de deux marques même si elles appartiennent au même groupe permet de jouer dans deux cours différentes sans qu’un amalgame soit possible, une marque vend des voitures populaires et l’autre des voitures de sport. Plusieurs marques ont déjà réussit cette formule, pourquoi pas Renault ?

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Photos alpine

Les exploits de Jean françois notre trésorier sur le circuit de La Châtre le 11 juin 2011

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